Judo : Mohamed Benlahmer, un Lillois en Artois pour aller chercher un bis repetita

Né à Lille, Mohamed Benlahmer est l’un des grands espoirs du judo français. Membre du club d’Arras, celui qui fréquente aussi le pôle France de Verquin défendra son titre de champion de France junior le 28 mars. Avec l’envie d’un bis repetita qui rendrait fiers tous ceux qui l’accompagnent dans sa progression.

Début décembre, pour les championnats de France séniors première Division, Mohamed Benlahmer s’est présenté sans appréhension face aux tatamis. « C’était de la bonne pression on va dire, explique le natif de Lille. Je n’avais rien à perdre. Je sentais que je pouvais performer. » Il avait vu juste.

Trois victoires par ippons plus tard, il s’ouvrait les portes des demi-finales. S’il terminait à la cinquième place; il n’y avait pas quoi avoir de regrets. Loin de là. Il avait montré qu’il ne dépeignait pas dans cet univers de « grands ». Car celui qui est licencié à Arras depuis trois ans n’est encore que junior.

Judoka dès ses premiers pas

A 19 ans, il ne découvrait pas seulement les rudes combats face à des judokas parfois bien plus agés que lui mais aussi une nouvelle catégorie de poids : champion de France junior 2025 en moins de 55kg, il devait « monter » chez les moins de 60 kilos en séniors.

Garçon « très réservé et très humble » selon son entraîneur David Pecquart, Mohamed Benlahmer est venu au judo alors qu’il ne marchait que depuis quelques mois. Son père étant fan de la discipline, son frère la pratiquant, le gamin de la métropole lilloise est vite tombé dans la marmite. Depuis, il s’en remet plusieurs louches tous les jours.

Pour poursuivre sur sa belle ligne de progression, depuis le pôle France de Verquin, il s’offre deux séances quotidiennes : une le matin essentiellement destinée à l’aspect physique, notamment avec un réveil musculaire ; puis une le soir ayant pour objectif de parfaire sa technique de combat.

Si la ligue des Hauts-De-France compte beaucoup sur le membre du Judo Club de Baudimont pour l’avenir, lui ne veut pas regarder plus loin que la saison en cours.

A commencer par la défense de son titre de champion de France chez les juniors ce samedi 28 mars à Villebon-sur-Yvette. « Et puis, participer aux championnats d’Europe junior également », souffle-t-il.

Quant aux Jeux Olympiques de 2028, à Los Angeles, il semble encore trop tôt pour les évoquer avec lui.

« Pour l’instant, je n’y pense pas trop, reprend Mohamed Benlahmer. C’est encore un peu loin. On va y aller étape par étape. Beaucoup sont encore à franchir. J’ai encore plein de niveaux à atteindre avant de pouvoir postuler aux Jeux. On verra en 2028… »
Humble mais déterminé, voilà deux valeurs olympiques cardinales pour espérer un jour s’offrir une place à la table du plus grand des rendez-vous.

Arras fait tout pour le conserver.

En Artois, les dirigeants espèrent le conserver la saison prochaine. Le jeune sportif est aujourd’hui alternant au club d’Arras, ce qui équivaut environ à un investissement de 3000 euros sur l’année pour la structure atrébate. « C’est une manière de récompenser Mohamed pour son travail et pour son titre de champion de France chez les juniors en 2025, explique David Pecquart, professeur de judo diplômé d’état. Cela nous permet aussi de le garder au club. »

Si le mercato en judo est aujourd’hui sans commune mesure avec d’autres sports, certains clubs peuvent tout de même proposer jusqu’à 1000 euros par mois de salaire mensuel fixe pour des éléments au très gros potentiel.

De son côté, Mohamed Benlahmer se destine par ailleurs à devenir professeur de judo, via un BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport).

Par G. Lallemand, Journaliste au service des sports; le 23 Mars 2026
https://www.lavoixdunord.fr/1687122/article/2026-03-23/judo-mohamed-benlahmer-un-lillois-en-artois-pour-aller-chercher-un-bis-repetita